des Finances de la France. 7/
Les deux objets de dépenfe que je viensde citer j le premier de 7 millions 100 mille
l’année moyenne des fix, comme je l’avois établi, mais furchacune prife féparément : cependant ces deux maniérés nereviennent point au même pour les intérêts du Roi, quandles rcmifes accordées aux régiiTeurs fur l’augmentation desproduits font progrelfivcs ; c’eft-à-dire, quand elles font plugfortes fur le fécond million d’accroifiement que fur le pre*mier, fur lé troifieme plus que fur le fécond, & ainfi de fuite.
Rendons cette idée fenfible par une fuppolitioii exagérée.
La première année, il y a un accroiffement d’un million dansle produit des droits recouvrés par les régifieurs.
La fécondé, il y en a un de cinq millions.
Alors, files régifieurs ont un fol pour livre de plus par chaquemillion d’augmentation, & que leur compte foit réglé annéepar année, ils gagneront 50 mille livres la première année &750 la fécondé , en tout 800 mille livres pour les deux années.
Réunifions maintenant enfemble l’accroifiement du produitdes droits pendant ces deux années, pour en former une an-née commune j cet accroiflement fera de trois millions poufchacune, & le profit des régifieurs à raifon d’un fol fur lepremier million, de deux fur le fécond, & de trois fur letroifieme, fera de 300 mille livres par année ; ce qui fera600 mille livres pour deux ans, au lieu que ce bénéfice eutété de 800 mille livres, en fuivant l’autre maniéré de calculer.
Cette explication, quoiqu’un peu longue & difficile à faifir,n’eft pas indifférente ; ne fut - ce que pour montrer, par unfeul exemple, qu’il faut une attention finguliere de la partde l’adminiftration pour ne point s’égarer au milieu du laby-rinthe de la finance.