SCIIILLER.
2 57
et de loyauté dans tout en Allemagne, quec’est là seulement qu’on peut connoître d’unemanière complète le caractère et les devoirsde chaque vocation. Néanmoins Schillerétoit admirable entre tous par ses vertus au-tant que par ses talents. La conscienceétoit sa muse : celle-là n’a pas besoin d’êtreinvoquée, car on l’entend toujours quand onl’écoute une fois. 11 aimoit la poésie, l’artdramatique, l’histoire, la littérature pourelle-même. Il auroit été résolu à ne pointpublier ses ouvrages qu’il y auroit donné lemême soin ; et jamais aucune considérationtirée, ni du succès, ni delà mode, ni des pré-jugés, ni de tout ce qui vient des autres en-fin, n'auroit pu lui faire altérer ses écrits ; carses écrits étoient lui, ils exprimoient son ame,et il ne concevoit pas la possibilité de chan-ger une expression, si le sentiment intérieurqui l’inspiroit n’étoit pas changé. Sansdoute, Schiller ne pouvoit pas être exemptd’amour-propre. S’il en faut pour aimer lagloire, il en faut même pour être capabled’une activité quelconque ; mais rien ne dif-fère autant dans ses conséquences que la va-nité et l’amour de la gloire : l’une tâche d’es-camoter le succès, l’autre veut le conquérir;
TOM. i.
s