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LESSING ET WINCKELMANN. 245
ne captivent point l’intérêt. Pour animerles récits et les fictions dont les siècles passéssont le théâtre, il faut que l’érudition mêmeseconde l’imagination et la rende, s’il est pos-sible, témoin de ce qu’elle doit peindre, etcontemporaine de ce qu’elle raconte.
Zadig devinoit, par quelques traces con-fuses, par quelques mots à demi déchirés,des circonstances qu’il déduisoit toutes desplus légers indices. C’est ainsi qu’il fautprendre l’érudition pour guide à travers l’an-tiquité; les vestiges qu’on aperçoit sont in-terrompus, effacés, difficiles à saisir: mais, ens’aidant à la fois de l’imagination et de l’é-tude, on recompose le temps, et l’on refaitla vie.
Quand les tribunaux sont appelés à déci-der sur l’existence d’un fait, c’est quelquefoisune légère circonstance qui les éclaire. L’i-magination est, à cet égard, comme unjuge; un mot, un usage, une allusion saisiedans les ouvrages des anciens, lui sert delueur pour arriver à la connoissance de la vé-rité toute entière.
Winckelmann sut appliquer à l’examendes monuments des arts l’esprit de jugementqui sert à la connoissance des hommes; il