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POURQUOI LES FRANÇAIS, &c. 203
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Cependant la beauté du style n’est point, ilfaut en convenir, un avantage purement ex-térieur; car les sentiments vrais inspirentpresque toujours les expressions les plusnobles et les plus justes, et s’il est permisd’être indulgent pour le style d’un écrit phi-losophique, on ne doit pas l’être pour celuid’une composition littéraire; dans la sphèredes beaux-arts la forme appartient autant àl’ame que le sujet même.
L’art dramatique offre un exemple frap-pant des facultés distinctes des deux peuples.Tout ce qui se rapporte à l’action, à l’in-trigue, à l’intérêt des évènements, est millefois mieux combiné, mille fois mieux conçuchez les Français : tout ce qui tient au dé-veloppement des impressions du cœur, auxorages secrets des passions fortes, est beau-coup plus approfondi chez les Allemands.
Il faut, pour que les hommes supérieursde l’un et de l’autre pays atteignent au plushaut point de perfection, que le Françaissoit religieux, et que l’Allemand soit un peumondain. La piété s’oppose à la dissipationd’ame, qui est le défaut et la grâce de la na-tion française ; la connoissance des hommes