DE L’ALLEMAGNE.
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duite de la vie. Le caractère est un instinct;il tient de plus près à la nature que l’esprit,et néanmoins les circonstances donnentseules aux hommes l’occasion de le dévelop-per. Les gouvernements sont les vrais in-stituteurs des peuples ; et l’éducation pub-lique elle-même, quelque bonne qu’elle soit,peut former des hommes de lettres, mais nondes citoyens, des guerriers, ni des hommesd’état.
En Allemagne, le génie philosophique vaplus loin que par-tout ailleurs, rien ne l’ar-rête, et l’absence même de carrière politique,si funeste à la masse, donne encore plus deliberté aux penseurs. Mais une distanceimmense sépare les esprits du premier et dusecond ordre, pareequ’il n’y a point d’intérêt,ni d’objet d’activité, pour les hommes qui nes’élèvent pas à la hauteur des conceptionsles plus vastes. Celui qui ne s’occupe pasde l’univers, en Allemagne, n’a vraimentrien à faire.
Les universités allemandes ont une an-cienne réputation qui date de plusieurssiècles avant la réformation. Depuis cetteépoque, les universités protestantes sont in-contestablement supérieures aux universités