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DE L’ALLEMAGNE.
plaisanteries, seulement pour se divertir eux-mêmes. De telles plaisanteries accablent lesFrançais de tristesse; car on se résigne bienplutôt à l'ennui sous des formes graves etmonotones, qu'à cet ennui badin qui vientposer lourdement et familièrement la pattesur l’épaule.
Les Allemands ont beaucoup d’univer-salité dans l’esprit en littérature et en philo-sophie, mais nullement dans les affaires. Ilsles considèrent toujours partiellement, ets’en occupent d’une façon presque méca-nique. C'est le contraire en France: l'espritdes affaires y a beaucoup d’étendue, et l’onn’y permet pas l’universalité en littératureni en philosophie. Si un savant étoit poëte,si un poëte étoit savant, il deviendrait sus-pect chez nous aux savants et aux poëtes;mais il n’est pas rare de rencontrer dans leplus simple négociant des aperçus lumineuxsur les intérêts politiques et militaires de sonpays. De là vient qu’en France il y a unplus grand nombre de gens d’esprit, et unmoins grand nombre de penseurs. EnFrance, on étudie les hommes; en Alle-magne, les livres. Des facultés ordinairessuffisent pour intéresser en parlant des