DE L’ESPRIT DE CONVERSATION.
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un sourire sur les lèvres des assistants, ilmodifia son éloge ; l’opiniâtre sourire necessa point, et la crainte de la moqueriefinit par lui faire dire: ma foi! la pauvrediablesse a fait ce quelle a pu. Les triomphesde la plaisanterie se renouvellent sans cesseen France; dans un temps il convient d’êtrereligieux, dans un autre de ne l’être pas;dans un temps d’aimer sa femme, dansl’autre de ne pas paroître avec elle. Il aexisté même des moments où l’on eût craintde passer pour niais si l’on avoit montré del’humanité, et cette terreur du ridicule, qui,dans les premières classes, 11e se manifested’ordinaire que par la vanité, s’est traduiteen férocité dans les dernières.
Quel mal cet esprit d’imitation ne feroit-il pas parmi les Allemands ! Leur supérioritéconsiste dans l’indépendance de l’esprit,dans l’amour de la retraite, dans l’originalitéindividuelle. Les Français ne sont tout-puissants qu’en masse, et leurs hommes degénie eux-mêmes prennent toujours leurpoint d’appui dans les opinions reçues quandils veulent s’élancer au-delà. Enfin l’im-patience du caractère français, si piquante en.conversation, ôteroit aux Allemands le