DE L’IMITATION DE L’ESPRIT FRANÇAIS. 83
mutuellement, et conquérir le terrain sur le-quel on espère des succès d’amour-propre ;ailleurs un certain bavardage indolent usel’esprit et décourage des efforts énergiquesdans quelque genre que ce puisse être.
Un entretien aimable, alors même qu’ilporte sur des riens, et que la grâce seule desexpressions en fait le charme, cause encorebeaucoup de plaisir ; on peut l’affirmer sansimpertinence, les Français sont presque seulscapables de ce genre d’entretien. C’est unexercice dangereux, mais piquant, dans le-quel il faut se jouer de tous les sujets commed’une balle lancée qui doit revenir à tempsdans la main du joueur.
Les étrangers, quand ils veulent imiter lesFi ’ançais, affectent plus d’immoralité, et sontplus frivoles qu’eux, de peur que le sérieuxne manque de grâce, et que les sentimentsouïes pensées n’aient pas l’accent parisien.
Les Autrichiens en général ont tout à lafois trop de roideur et de sincérité pour re-chercher les manières d’être étrangères. Ce-pendant ils ne sont pas encore assez Alle-mands, ils ne commissent pas assez la littéra-ture allemande ; on croit trop à Vienne qu’ilest de bon goût de ne parler que français ;
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