DE L’ALLEMAGNE.
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qu’eux dans la rue; caria rigueur des frimasen écartoit tout le monde; et ces voix, pres-qu’aussi harmonieuses que eclles du midi,en se faisant entendre au milieu d’une naturesi sévère, causoient d’autant plus d’at-tendrissement. Les habitants de la villen’osoient, par ce froid terrible, ouvrir leursfenêtres; mais on apercevoit, derrière lesvitraux, des visages tristes ou sereins, jeunesou vieux, qui recevoient avec joie les con-solations religieuses que leur ofi’roit cettedouce mélodie.
Les pauvres Bohèmes, alors qu’ils voy-agent suivis de leurs femmes et de leursenfants, portent sur leur dos une mauvaiseharpe, d’un bois grossier, dont ils tirent dessons harmonieux. Ils en jouent quand ilsse reposent au pied d’un arbre sur les grandschemins, ou lorsqu’auprès des maisons deposte ils tâchent d’intéresser les voyageurspar le concert ambulant de leur familleerrante. Les troupeaux, en Autriche, sontgardés par des bergers qui jouent des airscharmants sur des instruments simples etsonores. Ces airs s’accordent parfaitementavec l’impression douce et rêveuse que pro-duit la campagne.