LES CRITIQUES A. W. ET F. SCHLEGEL. 369
parfums dans la nature. Schlegel, aprèss’être acquis une grande réputation par satraduction de Shakespear, a pris pour Cal-deron un amour aussi vif, mais d’un genretrès différent de celui que Shakespear peutinspirer; car autant l’auteur anglais estprofond et sombre dans la connoissance ducœur humain, autant le poète espagnols’abandonne avec douceur et charme à labeauté de la vie, à la sincérité de la foi, àtout l’éclat des vertus que colore le soleilde l’aine.
J’étois à Vienne cpiand W. Schlegel ydonna son cours public. Je n’attendois quede l’esprit et de l’instruction dans des leçonsqui avoicnt l’enseignement pour but; je fusconfondue d’entendre un critique éloquentcomme un orateur, et qui, loin de s’acharneraux défauts, éternel aliment de la médio-crité jalouse, cherchoit seulement à fairerevivre le génie créateur.
La littérature espagnole est peu connue,c’est elle qui fut l’objet d’un des plus beauxmorceaux prononcés dans la séance à la-quelle j’assistai. W. Schlegel nous peignitcette nation chevaleresque dont les poètesétoient guerriers, et les guerriers poètes. Il
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