LES CRITIQUES A. W. ET F. SCHLEGEL. s6s
Lorsque j J ai commencé l'étude de l’alle-mand, il m’a semblé que j’entrois dans unesphère nouvelle où se manifestoient les lu-mières les plus frappantes sur tout ce quejesentois auparavant d’une manière confuse.Depuis quelque temps on ne lit guère enFrance que des mémoires ou des romans, et cen’est pas tout-à-fait par frivolité qu’on est de-venu moins capable delectures plus sérieuses,c’est parceque les évènements de la révolu-tion ont accoutumé à ne mettre de prix qu’àla connoissance des faits et des hommes : ontrouve dans les livres allemands, sur les sujetsles plus abstraits, le genre d’intérêt qui faitrechercher les bons romans, c’est-à-dire cequ’ils nous apprennent sur notre proprecœur. Le caractère distinctif de la littéra-ture allemande est de rapporter tout à l’exis-tence intérieure ; et comme c’est là le mys-tère des mystères, une curiosité sans borness’y attache.
Avant de passer à la philosophie qui faittoujours partie des lettres dans les pays oùla littérature est libre et puissante, je diraiquelques mots de ce qu’on peut considérercomme 1a, législation de cet empire, la cri-tique. Il n’est point de branche de la litté-