DE LA DÉCLAMATION.
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spectre, on suit tous ses mouvemens dans lesjeux qui le contemplent, et l’on ne peutdouter de la présence du fantôme quand untel regard l’atteste.
Lorsque Hamlet arrive seul au troisièmeacte sur la scène, et qu’il dit en beaux versfrançais le fameux monologue To be or notîo be :
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“ La mort, c’est le sommeil, c’est un réveil peut-être,
“ Peut-être.—Ah ! c’est le mot qui glace, épouvanté,
“ L’homme, au bord du cercueil, par le doute arrêté ;
“ Devant ce vaste abîme, il se jette en arrière,
" Ressaisit l’existence et s’attache à la terre.”
Talma ne faisoit pas un geste, quelquefoisseulement il remuoit la tête pour question-ner la terre et le ciel sur ce que c’est que lamort! Immobile, la dignité delà médita-tion absorboit tout son être. L’on vojoitun homme, au milieu de deux mille hommesen silence, interroger la pensée sur le sortdes mortels ! dans peu d’années tout cequi étoit là n’existera plus, mais d’autreshommes assisteront à leur tour aux mêmesincertitudes et se plongeront de même dansl’abîme sans en connoître la profondeur.
Lorsqu’Hamlet veut faire jurer à sa mère,sur l’urne qui renferme les cendres de son
TOMÉ II.
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