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2 (1813)
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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.

sauroit donner en français lidée de sontalent à cet égard. Je me souviens, entreautres, dans une de ses tragédies tirée delhistoire de Pologne, de leffet merveilleuxdun chœur de jeunes ombres qui apparois-sent dans les airs: le poëte sait changerlallemand en une langue molle et douceque ces ombres fatiguées et désintéresséesarticulent avec des sons à demi formés; tousles mots quelles prononcent, toutes lesrimes des vers sont pour ainsi dire vapo-reuses. Le sens aussi des paroles est admira-blement adapté à la situation ; elles peignentsi bien un froid repos, un terne regard; ony entend le retentissement lointain de la vie,et le pâle reflet des impressions effacées jettesur toute la nature comme un voile de nuages.

C)

Sil y a dans les pièces de Werner desombres qui ont vécu, on y trouve aussi quel-quefois des personnages fantastiques quisemblent navoir pas encore reçu lexistenceterrestre. Dans le prologue de Tarare deBeaumarchais, un génie demande à ces êtresimaginaires sils veulent naître; et lun dentreeux répond :Je ne my sens aucun em-pressement.Cette spirituelle réponse pour-rait sappliquer à la plupart de ces figures