108 LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
“ fleurs sont suspendues aux colonnes : cette“ vaste ville ne contient qu’à peine le norn-“ bre des hôtes étrangers qui se précipitent“ pour être les témoins de l’allégresse popu-“ laire; un même sentiment remplit tous les“ cœurs ; et ceux que séparoit jadis une“ haine meurtrière se réunissent maintenanti£ dans la félicité universelle : celui qui peut“ se nommer Français en est fier; l’antique“ éclat de la couronne est renouvelé, et la“ France obéit avec gloire au petit-fils de“ ses rois.
“ C’est par moi que ce jour magnifique“ est arrivé, et cependant je ne partage“ point le bonheur public. Mon cœur est“ changé, mon coupable cœur s’éloigne de“ cette solennité sainte, et c’est vers le camp“ des Anglais, c’est vers nos ennemis que se“ tournent toutes mes pensées. Je dois me“ dérober au cercle joyeux qui m’entoure,“ pour cachei 1 à tous la faute qui pèse sur“ mon cœur. Qui ? moi ! libératrice de mon“ pays, animée par le rayon du ciel, dois-je“ sentir une flamme terrestre ? Moi, guerrière“du Très-liant, brûler pour l’ennemi de la“ France ! Puis-je encore regarder la chaste“ lumière du soleil ?