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2 (1813)
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106
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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.

méprisant la mort, bien quil la trouve hor-rible, Talbot, blessé par Jeanne dArc, meurtsur le théâtre en blasphémant. Peut-êtreeût-il mieux valu suivre la tradition, qui ditque Jeanne dArc navoit jamais versé lesang humain, et triomphoit sans tuer. Uncritique, dun goût pur et sévère, a reprochéaussi à Schiller davoir montré Jeanne dArcsensible à lamour, au lieu de la faire mourirmartyre sans quaucun sentiment leût jamaisdistraite de sa mission divine: cest ainsiquil auroit fallu la peindre dans un poëme;mais je ne sais si une ame tout-à-fait saintene produirait pas dans une pièce de théâtrele même effet que des êtres merveilleux ouallégoriques, dont on prévoit davance toutesles actions, et qui, nétant point agités parles passions humaines, ne nous présententpoint le combat ni lintérêt dramatique.

Parmi les nobles chevaliers de la cour deFrance, le preux Dunois sempresse le pre-mier à demander à Jeanne dArc de lépouser,et, fidèle à ses vœux, elle le refuse. Un jeuneMontgommery, au milieu dune bataille, lasupplie de lépargner, et lui peint la douleurque sa mort va causer à son vieux père ;Jeanne dArc rejette sa prière,et montre dans