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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
dans sa pièce historique de Henri VI, commeune femme inspirée d’abord par le ciel, et cor-rompue ensuite par le démon de l’ambition.Ainsi les Français seuls ont laissé déshonorersa mémoire : c’est un grand tort de notrenation que de ne pas résister à la moqueriequand elle lui est présentée sous des formespiquantes. Cependant il y a tant de placedans ce monde, et pour le sérieux et pour lagaieté, qu’on pourroit se faire une loi dene pas déjouer ce qui est digne de respectsans se priver pour cela de la liberté de laplaisanterie.
Le sujet de Jeanne d’Arc étant tout à lafois historique et merveilleux, Schiller a en-tremêlé sa pièce de morceaux lyriques, et cemélange produit un très bel effet, même àla représentation. Nous n’avons guère enfrançais que le monologue de Polyeucte oules choeurs d’Athalie et d’Esther qui puissentnous en donner l’idée. La poésie dramatiqueest inséparable de la situation qu’elle doitpeindre ; c’est le récit en action, c’est le dé-bat de l’homme avec le sort. La poésie lyri-que convient presque toujours aux sujets re-ligieux; elle élève l’ame vers le ciel, elle ex-prime je ne sais quelle résignation sublime