DES DRAMES DE LESSING.
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le berceau, et le vieillard hébreux l'adopta.L’attendrisement de Nathan en faisant cerécit émeut d’autant plus, qu’il cherche à secontenir, et que la pudeur de la vieillesse luifait désirer de cacher ce qu’il éprouve. Sasublime patience ne se dément point, quoi-qu’on le blesse dans sa croyance et dans safierté, en l’accusant comme d’un crime d’a-voir élevé Reca dans la religion juive ; et sajustification n’a pour but que d’obtenir ledroit de faire encore du bien à l’enfant qu’ila recueilli.
La pièce de Nathan est plus attachante en-core par la peinture des caractères que parles situations. Le Templier a dans l’amequelque chose de farouche qui vient de lacrainte d’être sensible. La prodigalité orien-tale de Saladin fait contraste avec l’économiegénéreuse de Nathan. Le trésorier du sultan,un derviche vieux et sévère, l’avertit que scsrevenus sont épuisés par ses largesses.—“ Je“ m’en afflige,” dit Saladin, “ parceque je“ serai forcé de retrancher de mes dons ;“ quant à moi, j’aurai toujours ce qui fait“ toute ma fortune, un cheval, une épée et“ un seul Dieu.”—Nathan est un ami deshommes ; mais la défaveur dans laquelle le