DES DRAMES DE LESSING.
21
Allemagne : la parfaite justesse d’esprit qu’ilmontre clans ses critiques suppose encoreplus de philosophie que de connoissance del’art. Lessing en général pensoit commeDiderot sur l’art dramatique. Il croyoit quela sévère régularité des tragédies françaisess’opposoit à ce qu’on pût traiter un grandnombre de sujets simples et touchants, etqu’il falloit faire des drames pour y suppléer.Mais Diderot dans ses pièces mettoit l’affec-tation du naturel à la place de l’affectationde convention, tandis que le talent de Les-sing est vraiment simple et sincère. Il adonné le premier aux Allemands l’honorableimpulsion de travailler pour le théâtre d’a-près leur propre génie. L’originalité de soncaractère se manifeste dans ses pièces; ce-pendant elles sont soumises aux mêmes prin-cipes que les nôtres ; leur forme n’a riende particulier, et quoiqu’il ne s’embarrassâtguère de l’unité de temps ni de lieu, il nes’est point élevé comme Goethe et Schiller àla conception d’un système nouveau. Minnade Barnhelm, Emilia Galotti et Nathan leSage sont les trois drames de Lessing quiméritent d’être cités.
Un officier d’un noble caractère, après