8
LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
vérité de l’action perd à la nécessité puérilede ne pas changer de lieu et de se borner àvingt-quatre heures, imposer cette nécessité,c’est soumettre le génie dramatique à unegênedans le genre de celle des acrostiches, gênequi sacrifie le fond de l’art à sa forme.
Voltaire est celui de nos grands poctestragiques qui a le plus souvent traité dessujets modernes. Il s’est servi, pour émou-voir, du christianisme et de la chevalerie, etsi l’on est de bonne foi, l’on conviendra, ceme semble, qu’Alzire, Zaïre etTancrède fontverser plus de larmes que tous les chefs-d’œuvre grecs et romains de notre théâtre.Dubelloy, avec un talent bien subalterne, estpourtant parvenu à réveiller des souvenirsfrançais sur la scène française; et quoiqu’ilne sût point écrire, on éprouve, par ses pièces,un intérêt semblable â celui que les Grecsdévoient ressentir quand iis voyoient repré-senter devant eux les faits de leur histoire.Quel parti le génie ne peut-il pas tirer decette disposition ? Et cependant il n’estpresque point d’évènements qui datent denotre ère dont l’action puisse se passer oudans un même jour, ou dans un même lieu;la diversité des faits qu’entraîne un ordre