6
LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
ment des caractères, la diversité des faits,deviennent moins nécessaires quand l’évène-ment est expliqué par une puissance sur-naturelle; le miracle abrège tout. Aussi l’ac-tion de la tragédie, chez les Grecs, estjslled’une étonnante simplicité; la plûpart desévènements sont prévus et même annoncésdès le commencement: c’est une cérémoniereligieuse qu’une tragédie grecque. Le spec-tacle se donnoit en l’honneur des dieux, etdes hymnes interrompus par des dialogues etdes récits peignoient tantôt les dieux clé-ments, tantôt les dieux terribles, mais tou-jours le destin planant sur la vie de l’homme.Lorsque ces mêmes sujets ont été transportésau théâtre français, nos grands poètes leuront donné plus de variété ; ils ont multipliéles incidents, ménagé les surprises, et reserréle nœud. Il falloit en effet suppléer de quel-que manière à l’intérêt national et religieuxque les Grecs prenoient à ces pièces et quenous n’éprouvions pas ; toutefois non con-tents d’animer les pièces grecques nous avonsprêté aux personnages nos mœurs et nossentiments, la politique et la galanterie mo-dernes ; et c’est pour cela qu’un si grandnombre d’étrangers ne conçoivent pas l’ad-