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— Nous nous étions plaints , dans l’un de nos pre-miers numéros, de ce que la police souffrait que lesmarchands d’estampes étalassent , dans les rues , desgravures contraires aux mœurs et à l’honnêteté pu-Uiq ne. M. le directeur-général , averti de ce scandale ,et voulant le faire cesser , avait fait saisir un grandnombre de ces images obscènes , et les avait transmisesàM. le procureur du roi, en l’invitant à en poursuivrejuridiquement les auteurs et distributeurs. M. le pro-cureur-général près la cour royale avait adressé, à cesujet , à M. le procureur du roi , une lettre très-pres-sante : « Depuis long-temps, lui écrivait-il , cette li-cence, toujours croissante , et de plus en plus scanda-leuse , exigeait l’emploi de moyens répressifs. Il esttemps de rappeler au respect de la morale et de la dé-cence , par des exemples de sévérité tels que le com-portent les lois et la gravité des désordres qu’il s’agit deréprimer. Je vous prie de suivre l’instruction de ces af-faires avec la plus grande activité , etc. »
Les auteurs et distributeurs des gravures dénoncéeéont été traduits en police correctionnelle. On pense ,sans doute, que nos magistrats se sont empressés de faireun exemple que l’intérêt des mœurs semblait léclamersi impérieusement. On se trompe : le tribunal de policecorrectionnelle , considérant qu e plusieurs des prévenusavaient déposé à la direction de la librairie les carica-tures qui donnaient lieu à la plainte portée contre eux,et'qu’il ne leur avait point été défendu de les publier, apensé qu’il n’y avait pas lieu à sévir, et il les a tous dé-chargés de la prévention Ce jugement a été rendu surles conclusions de M. Roussial , substitut de M. le pro-cureur du roi, qui n’a demandé , contre les prévenus ,l’application d’aucune peine, par le motif a que leurs» véritable intention a été de tourner en ridicule legou-» vernement odieux qui vient de finir , et l’homme qui,» pendant long-temps, avait fait le malheur de la» France et de l’Europe. »
On ne sait trop ce qti’< n doit le plus admirer ici , oude l’administration qui laisse publier des gravures obs-cènes , ou du tribunal qui croit, ne pas devoir réprimerun délit , parce que la police a négligé de le prévenir ,ou du magistrat qui prétend que la justice ne doit point