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Les faits relatés dans ce petit écrit sont appuyés surdes témoignages nombreux, et qui paraissent irrécu-sables : ces faits sont tels qu’il est impossible, après lesavoir lus, de se défendre d’une sorte d’horreur pourl’infâme trafic contre lequel l’auteur réclame. On sedemande d’où peut venir, en France, l’espèce d’assenti-ment que l’opinion publique donne à ce commerce , oudu moins l’indifférence avec laquelle elle le souffre,de crois que l’ignorance où nous sommes de la manièredont il se fait, entre pour beaucoup dans nos dispositionsà cet égard -, mais je crois que notre tolérance vient sur-tout des efforts que fait le gouvernement anglais pourobtenir son abolition. Rien ne nuit plus, dans notreesprit, à l’intérêt qu’inspirent les nègres, que l’extrêmecommisération que leur témoignent les Anglais. Nousavons beaucoup de peine à croire à cette pitié des An-glais pour les Africains, et notre incrédulité est peut-être assez naturelle, quand nous considérons la manièreimpitoyable dont iis ont traité nos prisonniers sur leursaffreux pontons. Le peuple anglais ne mérite pointqu’on croie aux sentimens d’humanité qu’il fait éclaterpour les noirs , quand il a traité les blancs avec tant debarbarie. Cependant , il ne faut pas que son inhumanitéenvers nous nous rende cruels envers d’autres peuples.Prenons garda que les préventions qu’il nous a inspi-rées , dans la dernière guerre, ne nous fassent pas faireautant de fautes que le ridicule engouement que nousavions pour lui avant la révolution. Les principes libé-raux qu’affiche son gouvernement lui acquièrent enEurope une popularité qui peut nous devenir funeste.Ne soyons pas, si l’on veut, les serviles imitateurs del’Angleterre; cependant n’approuvons pas une chose ,par cela seul que l’Angleterre là condamne; abandon-nons des idées que le monde entier réprouve, suivonsles progrès des lumières , et méritons , sous tous lesrapports , l’estime des nations civilisées.
— M. Méhée-Delatouche vient de dénoncer au Roi,dans une lettre très-éloquente, les actes arbitraires com-mis par les ministres depuis la restauration. Le tableauqu’il fait de ces actes est fort énergique ; il n’a d’autredéfaut que d’être extrêmement incomplet.
D.r.