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tent, les autres exécutent; les premiers exercent leurjugementou leur intelligence , les seconds leurs mainsou leure bras; ceux-là sont des savons y ceux-ci desartisans ou des artistes ; et comme ils ont tous lesmêmes besoins, et qu’ils ne peuvent trouver lesmoyens de les satisfaire que dans le libre exercice deleurs facultés j comme d’ailleurs les hommes qui in-ventent ne sont pas moins nécessaires à la sociétéque les hommes qui exécutent, les lois leur doiventà tous la même protection , la même grautie.
Or, que fait-on, en établissant la censui’e préa-lable et arbitraire des écrits? On livre à la discrétiond’un ministre , ou de ses agens, tous les individusqui, au lieu d’exercer leurs bras, ont exercé leurintelligence. En suspendant l’exercice des facultésdes artisans ou des artistes, on pourrait les faire pé-rir; de même on pourrait faire périr lessavans, endonnant aux agens de l’autorité le droiL d’arrêter ar-bitrairement la publication de leurs ouvrages , carces ouvrages sont le produit des seules facultés qu’ilspuissent exercer avec quelque succès.
La loi qui établit une censure préalable et arbi-traire déchire donc a leur égard le pacte social, puis-qu’elle ne les soumet qu’à l’empire de la force , etqu’elle les livre sans défense à l’arbitraire des mi-nistres ou de leurs agens. Une telle loi doit nécessai-rement abrutir l’espèce humaine, parce qu’il estcontre la nature que les hommes cultivent une fa-culté dont l’exercice pourra leur être interdit au mo-ment où ils auront besoin d’en faire usage ; enfin ,