HITÈCE,
.1911
joli, gentil, sensible, et il a une manière à part d’étendresa main tout horizontalement et de ne toucher le clavierqu’avec le bout des doigts recourbés. Après Doehler,c’est Halle qui parmi les petits prophètes mérite unemention particulière; c’est encore un Habacuc d’un mé-rite aussi modeste que véritable. Je ne puis m’empêcherde mentionner ici également M. Schad, qui occupeparmi les pianistes peut-être le même rang que nous ac-cordons à Jonas parmi les petits prophètes; puisse-t-iln’être jamais avalé par une baleine!
En rapporteur consciencieux, qui ne doit pas seule-ment rendre compte des nouveautés en fait d’opéras etde concerts, mais aussi de tous les autres sinistres etcatastrophes dans le monde musical, je suis forcé deparler des nombreux mariages qui y ont éclaté ou mena-cent d’éclater. Je parle d’hyménées légitimes, contrac-tés à perpétuité et tout à fait dans les formes conve-nables, non pas de ce dilettantisme de mariage, qui seprive du maire à l’écharpe tricolore et du goupillon del’église. Chacun cherche maintenant sa chacune. Mes-sieurs les artistes se dandinent, lancent des œillades auxdemoiselles et aux veuves en quête d’époux et s’exercentà entonner des épithalames. Le violon devient le beau-frère de la flûte, la trompette et la timbale s’allient aupiano : ils forment une marche triomphale, et nous lesverrons bientôt défder les cors en tête. Un des trois pia-nistes les plus distingués a épousé, il y a peu de temps," la fdle d’un célébré chanteur de l’Opéra-Italien, qui est