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pétuol dont la charge est inamovible comme la royauté.Mais c’est la seule ressemblance qui existe entre M. Mi-gnet et le roi Louis-Philippe qui, comme tout le mondesait, est déjà très-âgé, tandis que le secrétaire perpétuelde la section de l’Institut est encore jeune. Il est mômela jeunesse en personne, il reste épargné de la main dutemps qui nous blanchit les cheveux à nous autres, s’ilne nous les arrache pas tout à fait, et qui nous couvrele front de rides bien vilaines. Louis-Philippe a dû avoirrecours à une chevelure factice, mais le beau Mignetporte toujours sa chevelure dorée et frisée, comme il ya douze ans, et son visage est toujours fleuri commecelui des Olympiens. Aussitôt que le secrétaire perpé-tuel a mis le pied sur la tribune, il prend sa lorgnetteet lorgne le public.
Il compte les têtes des siens bien-aiinés,
Et voyez ! il n’y manque aucune tête chérie.
( La cloche de Schiller.)
Ensuite il regarde aussi ses collègues qui siègent autourde lui, et si j’étais malicieux, je commenterais son re-gard d’une singulière façon. Il m’apparaît toujours dansces moments comme un pâtre qui passe en revue sontroupeau. Car tous lui appartiennent, à lui, le secrétaireperpétuel, qui survivra à eux tous, et qui tôt ou tard lesdisséquera et les embaumera dans ses précis histo-riques. Il semble examiner l’état de santé de chacunpour pouvoir se préparer à sa prochaine oraison
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