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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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ŒUVRES DE HENRI I1EINE.

froid et le plus raisonnable. Qui sait si Michelet et Quinetne deviendront pas enfin les Jacobins les plus fana-tiques, les adorateurs les plus idolâtres de la déesse dela raison, de Robespierre et de Marat.

Michelet et Quinet ne sont pas seulement de bonscamarades, de fidèles frères d’armes, mais aussi desesprits d’une trempe parfaitement identique. Mêmessympathies, mêmes antipathies. Seulement l’âme del’un est plus molle, je dirais presque plus indienne-,l’autre au contraire a dans son être quelque chose derude, de gothique. Michelet me rappelle les grandesfleurs et les puissants parfums des poésies gigantesquesdu Mahabharata; Quinet rappelle plutôt les chants nonmoins prodigieux, mais plus abrupts et plus rocailleuxde l’Edda Scandinave. Quinet est une nature septen-trionale, on pourrait dire allemande; il a tout à fait lecaractère allemand, dans la bonne comme dans la mau-vaise acception du mot ; le souffle de l’Allemagne respiredans tous ses écrits. Quand je lis l’Ahasvérus ou d'autrespoésies de Quinet, je me sens entièrement comme cheznous, je crois entendre les rossignols de ma patrie, je sensle parfum des violettes souabes ; des sons de cloche queje connais bien bourdonnent autour de ma tête, j’entendsïussi résonner des grelots bien connus : profondeur alle-mande, douleur de penseur allemande, sensibilité alle-mande, bourdonnement de hannetons allemands, par-fois même un tant soit peu d’ennui allemand, voilà ceque je trouve dans les écrits de notre Edgar Quinct. Oui,

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