oi2 ŒUVRES DE HENRI HEINE.
roucés contre l ’Ecce homo, et qui semblent avoir perduénormément d’argent sur leurs actions. Dans la figureprincipale, le peintre a donné, dit-on, le portrait deson oncle Léo. Les visages sur les tableaux histo-riques proprement dits, qui représentent des histoiresdu temps païen ou du moyen âge, rappellent égalementla boutique marchande, la spéculation de bourse, lemercantilisme, la mesquinerie épicière. On voit là unGuillaume le Conquérant, qu’on n’aurait qu’à affublerd’un bonnet à poil, pour qu’il se métamorphosât enhonnête garde national, qui fait sa faction avec un zèleexemplaire, qui solde exactement ses billets au jour del’échéance, qui honore son épouse légitime, et méritecertainement la croix de la Légion d’honneur. Et surtoutles portraits ! La plupart ont une expression si pécu-niaire, si intéressée et si morose, que je puis me l’ex-pliquer seulement en pensant que l’original vivant atoujours, pendant les heures où il posait, songé à l’ar-gent que lui coûterait le portrait, tandis que le peintreregrettait continuellement le temps qu’il était forcé deprodiguer à cette déplorable corvée mercenaire.
Parmi les images de saints, qui témoignent de lagrand’peine que prennent les Français pour se donnerun air bien religieux, j’ai remarqué une Samaritaine à lafontaine. Quoique le Sauveur appartienne aux Juifs, à latribu la plus ennemie de celle des Samaritains, la pieusefemme exerce pourtant à son égard la miséricorde. Elleprésente sa cruche d’eau à l’honnne altéré, et pendant
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