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200 ŒUVRES P E HENRI HEINE.
un léger cliquetis, comme d’un couteau que l’on aiguise.Les tumultes chez nos voisins nous soucient fort peu, etmême la bruyante levée de boucliers à Barcelone n’a putroubler notre repos. Le vacarme sanglant qui s’est passédans le cabinet d’étude de mademoiselle Heinefetter àBruxelles, a un peu plus éveillé notre intérêt, et lesdames surtout se sont indignées contre celte dinde alle-mande, qui, malgré son séjour de plusieurs années enFrance, n’a pas encore appris l’art de savoir empêcherque deux coqs amoureux ne se rencontrent sur le champde bataille de leur bonheur. Les nouvelles d’Orient exci-tèrent un murmure désapprobateur dans le public, etl’empereur de Chine s’est compromis aussi gravementque mademoiselle Heinefetter. Le sang a été versé chezl’un comme chez l’autre, et la fleur du milieu est flétrie.Les Anglais sont surpris d’avoir eu si bon marché dufrère du soleil et du cousin de la lune, et ils calculentdéjà s’ils ne doivent pas utiliser les armements désor-mais superflus dans la mer des Indes en les dirigeant surle Japon, afin de rançonner aussi ce pays. Un loyalprétexte pour l’attaque ne leur fera là certainement pasnon plus défaut; si ce ne sontpas des tonneaux d’opium,ce seront les écrits de la mission protestante anglaise,écrits aussi somnifères que l’opium, et qui ont été con-fisqués dernièrement par la commission sanitaire dugouvernement du Japon. J’examinerai peut-être dansune autre lettre la façon dont l’Angleterre dissimuleses expéditions guerrières. Sa menace que la générosité
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