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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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ŒUVRES DF, IL K N II I IIEINE.

belle terre, sur le boulevard des Capucines, il y a desarbres verdoyants et un bon air. Il est vrai que bien desministères y ont été moissonnés promptement, maisceux-ci avaient toujours eux-mêmes causé leur fin pré-maturée , ils sétaient donné trop de mouvement. Oui,ce qui chez nous autres est utile à la santé, le mouve-ment, lexercice, rend le plus souvent un ministèremortellement malade, et surtout celui du I er mars estmort dun excès dexercice. Ils ne peuvent pas se tenirtranquilles, ces messieurs. Les fréquents changementsde ministère en France ne sont pas seulement uneconséquence de la révolution, mais aussi un effet ducaractère national des Français, pour qui laction, lac-tivité , le mouvement, est un besoin aussi impérieux quelest pour nous Allemands la fumée du tabac, la ré-flexion silencieuse, le calme de lâme ; précisément parceque les gouvernants français sont si remuants, et quilsse donnent toujours de nouvelles occupations, ilstombent dans des embarras qui leur cassent le cou.Cest non-seulement linconvénient des ministères, maisencore des dynasties, qui ont toujours hâté leur catas-trophe par leur propre activité. En effet, la même causefatale, linfatigable activité, amena la chute non-seu-lement de Tliiers, mais aussi de Napoléon, qui étaitcependant beaucoup plus fort que lui, et qui aurait purester sur le trône jusquà son heure suprême, sil avaitseulement possédé lart de se tenir assis tranquillement,art quon enseigne avant toute chose chez nous aux petits