comprit l’horrible vérité. Quand, en sautillaut, arrivèrentles dames parées, et qu’au lieu du spectacle espéré ellesne virent que les portes closes et qu’elles apprirent lemalheur arrivé près de Neuilly sur la route qu’on ap-pelle le chemin de la Révolte, alors des pleurs tom-bèrent de bien des beaux yeux, et il n’y eut quesanglots et lamentations sur le compte du beau princequi venait de s’éteindre si jeune et si charmant, cecaractère chevaleresque, ce Français dans la plusaimable acception du mot. Oui, il fut moissonné dansla fleur de sa vie, ce jeune homme au cœur héroïque etserein, et il vit couler son sang si pur, si irréprochable,si fortuné, au milieu des fleurs du printemps, commeautrefois Adonis! Pourvu qu’il ne soit pas aussitôt aprèssa mort célébré dans de mauvais vers ou dans une prosede laquais encore plus mauvaise ! Mais voilà le sort detout ce qui est beau sur cette terre ! Peut-être, au mo-ment que la douleur la plus vraie et la plus fière rem-plit le peuple français, et que sur le prince défuntcoulent non-seulement de belles larmes de femmes,tnais aussi des larmes d’hommes libres qui honorent samémoire, le deuil officiel se tient déjà quelques oignonsdevant le nez pour pleurnicher, et peut-être même lafolie entoure de crêpes noirs les grelots de sa marotte,et nous entendrons bientôt le tintement tragi-comique.C’est surtout le radotage larmoyant, le tiède breuvagede la sentimentalité qui se produira dans cette occumrence. Peut-être à cette heure déjà M. Laffitte court eu
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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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