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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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do tant de traditions merveilleuses. Dans la légende desWillis, cette mystérieuse et frénétique passion pour ladanse, qui appartient aux esprits élémentaires, et qui;a parfois entraîné des hommes à leur perte, est a.ttri-1buée aussi aux fiancées mortes; à l’antique croyancepaïenne du joyeux et luxurieux délire des nixes et deselfes (des ondines et des silves), s’allièrent encore lesfrissons voluptueux et mélancoliques, les sombres etdouces horreurs du monde des spectres selon la super-stition du moyen âge.

La musique répond-elle au sujet fantastique de ceballet? M. Adam, qui a composé la musique, était-ilcapable d’inventer des airs de danse qui, comme il estdit dans une légende septentrionale, forcent les arbresde la forêt à sautiller et les eaux des torrents à s’arrêterimmobiles? M. Adam, à ce qu’on m’a raconté, a étéen Norvège, mais je doute qu’il y ait appris de quelquemagicien versé dans la science runique la fameuse mé-lodie du Stroemkarl dont on n’ose jouer que dix varia-tions; c’est qu’il y a encore une onzième variation quipourrait causer de grands malheurs : quand on jouecelle-ci, toute la nature s’émeut, les montagnes et lesrochers commencent à danser, et les maisons dansent,et dans les maisons dansent les chaises et les tables, legrand-père saisit la grand’mère, le chien saisit la chattepour danser, même l’enfant saute à bas de son berceau|et danse. Non, M. Adam n’a pas rapporté de sonvoyage dans le Nord des mélodies aussi dangereuses;