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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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proposer à mon confrère en Apollon, M. de Rothschild,de dire Constantinopohs , au lieu de Constantinople,et de rimer ce mot à Métropolis, en disant par exem-ple: Constanlinopolis, la future métropolis des Russes.Mais cette rime parut déplaire extrêmement à M. lebaron ; il prétendit que l’Angleterre ne la permettraitjamais, et qu’il pourrait en résulter une guerre euro-péenne, qui coûterait au monde beaucoup de sang etde larmes, et à lui-même beaucoup d’argent.

M. de Rothschild est en effet le meilleur thermomètrepolitique ; je pourrais dire que sous ce rapport il pos-sède, pour indiquer le beau et le mauvais temps, untalent aussi naturel et aussi infaillible que la grenouille,mais celte comparaison pourrait être regardée commetrop peu respectueuse. Et certes ! il faut avoir du res-pect pour cet homme, ne fût-ce qu’à cause du respectqu’il inspire à la plupart des personnes qui l’approchent.J’aime surtout à lui faire visite dans ses bureauxde banque, où j’ai l’occasion d’observer combien leshommes de toutes les classes et de toutes les religions,les Gentils autant que les Juifs, s’inclinent, se baissent etse prosternent devant lui. Cela courbe et lord sonéchiné, mieux que les plus habiles acrobates ne sau-raient le faire. J’ai vu des gens qui, en approchant legrand baron, tressaillaient comme s’ils touchaient unepile de Yolta. Déjà, devant la porte de son cabinet,beaucoup sont saisis d’un frisson de vénération, tel queMoïse le sentit jadis sur la montagne du Horeb, en