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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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ŒUVRES DF. HENRI HEINE.

la vieille Byzance, Stamboul, Constantinople,—le fléaua bien des noms. Si le principe de la souveraineté dupeuple était sanctionné dans le droit public européen,l’écroulement de l’empire ottoman ne pourrait pas êtreaussi dangereux pour le reste du monde, parce cju’alors,dans l’empire dissous, les peuples isolés éliraient bientôteux-mêmes leurs chefs d’Etat particuliers, et continue-raient de se faire gouverner aussi bien que possible.Mais dans la plus grande partie de l’Europe règne encorele dogme de l’absolutisme, d’après lequel pays et peuplesont la propriété du prince, propriété qu’on peut ac-quérir par le droit du plus fort, par Ynltima ratio regis ,le droit peu canonique du canon.—Il n’y a donc riend’étonnant, qu’aucun des potentats européens ne veuillepermettre aux Russes d’absorber le grand héritage, etque chacun désire avoir son morceau du gâteau orien-tal; chacun se sentira venir l’eau à la bouche, envoyant les barbares du Nord faire bombance, et le plusmince principicule de l’Allemagne réclamera tout aumoins un pour-boire. Voilà les instigations de la naturehumaine, à cause desquelles la chute de la Turquiedeviendra nécessairement pernicieuse pour tout l’uni-vers. Quant aux motifs politiques, pour lesquels surtoutl'Angleterre, la France et l’Autriche ne peuvent pointlaisser la Russie s’établir à Constantinople, ils sautentaux yeux du moindre collégien.

L’explosion d’une guerre qui est dans la nature deschoses, se trouve cependant ajournée pour le moment.