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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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LIJTECE.

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il n’en est pas moins entaché de cette vanité puérilequ’on trouve toujours chez les hommes d’une trop pe-tite taille. Il voudrait briller auprès des femmes, et cesêtres frivoles, ces vicieuses créatures, lui rient au nez ;il a beau marcher sur les échasses de la phrase, cesdames ne le prennent pas au sérieux et préfèrent autribun imberbe quelque crétin aux longues moustaches.Ce tribun donne cependant à sa réputation de grandpatriote, à sa popularité, les mêmes petits soins que sesrivaux donnent à leurs moustaches; il la soigne on nepeut plus, il la frotte, la tond, la frise, la dresse et laredresse, et il courtise le moindre bambin de journalistequi peut faire insérer dans une feuille quelques lignesde réclame en sa faveur. Ceux qui veulent lui adresserle plus agréable compliment, le comparent à M. Thiers,dont la taille, il est vrai, n’est pas celle d’un géant, maisqui est toujours trop grand, au physique comme aumoral, pour être comparé à M. Blanc, sinon par mé-chanceté. Un républicain qui ne se pique pas de tropde politesse, comme il sied à des gens aux grandes con-victions, disait un jour tout grossièrement à LouisBlanc : « Ne te flatte pas de ressembler à M. Thiers.Il y a encore une grande différence entre vous deux :M. Thiers te ressemble, à toi, citoyen, comme unepetite pièce de dix sous ressemble è une toute petitepièce de cinq sous. »

Le nouveau livre de Louis Blanc est parfaitementécrit, dit-on, et comme il contient une foule d’anecdotes