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ce sultan Schariar, qui fait tuer immédiatement sesépousés le lendemain matin après la nuit de noces!Quelle profondeur de sensibilité, quelle inappréciablechasteté de l’âine, quelle délicatesse à l’égard des mys-tères de la vie nuptiale se révèle dans ce naïf acte d’a-mour, qu’on a jusqu’à présent représenté calomnieuse-ment comme cruel, barbare et despotique ! Cet hommeavait horreur de toute profanation de ses sentiments,et il les croyait déjà pollués par la seule pensée quel’épouse qui avait reposé aujourd’hui sur son cœurroyal, tomberait peut-être demain dans les bras d’unautre, de quelque manant malpropre — et il aimaitmieux la tuer tout de suite après la nuit des noces!Puisqu’on lave à présent l’honneur de tant de noblescœurs méconnus que le public stupide diffamait et inju-riait depuis longtemps, on devrait aussi chercher àréhabiliter dans l’opinion publique le brave sultan Scha-riar. Je ne puis moi-même, dans ce moment, me char-ger de cette œuvre méritoire, parce que je suis déjàoccupé de la réhabilitation du feu roi Proeuste ; je mepropose de prouver que ce pauvre Proeuste a été jus-qu’ici jugé d’une manière aussi fausse qu’injuste, et quec’était un roi incompris qui avait devancé son époque,en tâchant de réaliser dans une période d’héroïsmearistocratique les idées démocratiques les plus modernes.Aucun ne le comprit, lorsqu’il rapetissait les grands etqu’il étendait et allongeait les petits, jusqu’à ce qu’ilsfussent adaptés à son lit de fer égalitaire.