des Finances de la France. 429
un amas affreux de pierres & de pouffiere;mais la terre les a couverts, la mer les a en-gloutis & nous les oublions, & leur voix ab-folument éteinte , ne peut plus accufer lesmalheurs de la guerre : durs furvivanciersque nous fommes ! c’eft en marchant fur descorps mutilés & fur des olfements brifés ,que nous nous réjouiffons de la gloire & deshonneurs dont nous avons feuls hérité.
Qu’on ne me reproche point de m’êtrearrêté fur ces lugubres images ; on ne fauroittrop les préfenter, tant on s’habitue au mi-lieu de la fociété même, à 11e voir dans laguerre & dans fes horreurs, que l’occupa-tion d’une jeuneffe brillante, un exercice of-fert à fon courage & le développement dutalent des généraux. Et tel eft l’effet de cetteivreffe paffagere, que l’on prend'quelque-fois le bruit des cercles de la capitale pourle vœu général de la nation. Ah ! vous quigouvernez, ne vous y laiffez point tromper;ceux» dont vous êtes prêts à fuivre l’impul-fîon, s’étonneront bientôt de votre condeE