des Finances de la France. zSf
mettre un intervalle de réflexion, entre fesfentiments & les exprefîions; & l’on elt dé-gagé du foin laborieux de concilier lansceffe , fes dilcours avec fa politique , efpeced’accord fi pénible à ménager , & fi difficileh maintenir.
Un adminiftrateur eft déjà fort avancé 2lorfqu’on commence à envifager fes paroles,comme la fidele image de fa penfée ; & iléloigne encore un ennemi dangereux, lorf-que par une jufte mefure, & dans ce qu’iLdit, & dans ce qu’il fait, il empêche l’ima-gination de s’exercer contre lui.
Il en eft de la forfanterie en affaires , 1comme des idées exagérées, ou de l’abon-dance des luperlatifs dans le ftyle, dontl’effet eft prefque toujours contraire à celuique l’orateur fe propofe : car les auditeurs,mécontents de ce qu’on veut les entraînerau - delà du fentiment auquel ils font pré-parés , fe retournent avec impatience, &conteftent à la vérité même ce qu’elle adroit d’exiger. Ainfi donc, & ceux qui agif-