des Finances de la France. 229
infiniment délicate. On avoit prefque entiè-rement oublié ce grand objet de difcuflion,pendant la durée de mon miniftere ; & ce-pendant , il y a eu plufieurs moments qui ontexigé de l’attention, & qui m’ont obligé àdemander les ordres du Roi, non-feulementpour défendre momentanément la fortie desgrains dans quelques provinces, mais encorepour y porter des fecours, qui pouvoientfeuls prévenir de très - grands malheurs.
Je ne m’arrête point fur la néceffité ab-folue, de maintenir la libre circulation desgrains dans l’intérieur du Royaume ; il mefemble qu’il n’y a pas deux opinions à cefujet. Le Gouvernement encore , doit voiravec plaifir, & les approvifiounements, &les fpéculations de commerce qui y déter-minent , puifque ce font autant de fecoursdonnés aux fermiers ou aux propriétaires deterres; mais lorfque ces fpéculations, faitesen tems de difette, dégénèrent en ce qu’onappelle communément monopole ; c’eft-à-dire , dans un trafic où l’on n’a pour but
P 3