des Finances de la France . 1 79
ambitionnerait d’ufurper par le commerce,une quantité quelconque du numéraire de9autres nations, & l’on mettrait fa politiqueà s’enrichir ainfi de leurs dépouilles. Ce vœucommun des nations , n’eft point un défieaveugle ; & je vais tâcher de rendre cette vé-rité fenfible , fans employer aucun raifonne-nient abftrait.
Imaginons, par une fuppofition, qu’oaeut découvert dans un autre hémiiphère, unpays ignoré jufqueslà, du relie du monde:fuppofons encore, qu’on vint nous dire quece pays, égal, fi l’on veut, en étendue auRoyaume de France, eft fécond & varié dansfes productions ; que de nombreufes commu-nications y font établies; que les propriétésy font lâgement fubdivifées ; que l’Etat, en-fin , eft gouverné, depuis long-tems, par defages loix ; certainement on ne ferait pointfurpris, que la culture & la population d’unpareil pays, fuffent parvenues au plus hautdegré, lors même que dix mille marc d’argentcompoferoient tout Ion numéraire : on .com-