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1 (1861)
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HEISF.BILDER. 323

ce feu intérieur qui flamboie avec le délire d’une bac-chante, et enivre irrésistiblement le joyeux buveur. Oui,beaucoup plus que chez les brunettes, couve l’incendiedes sens chez plus d’une de ces figures de saintes, dontla chevelure est une blonde auréole, dont les yeux sontbleus comme le ciel, et les mains pieuses comme deslis. Je sais une blondine d’une des meilleures maisons deHollande, qui quittait souvent son beau château sur leZuyderzée, pour venir incognito à Amsterdam, puis serendait au théâtre, et jetait à quiconque lui plaisait desécorces d’orange sur la tête, et passait même des nuitsde débordement dans les auberges des matelots, enfinune Messaline hollandaise".....

Quand je retournai au théâtre, j’arrivai justement àla dernière scène de la pièce, où la femme du Hollandaisvolant, madame la Hollandaise volante, grimpée sur unréscif élevé, se tordait les mains en désespérée, pendantqu’on voyait sur la mer son malheureux époux sur lepont de son mystérieux vaisseau. Il l’aime, et veut laquitter pour ne pas l’entraîner à sa perte, et il lui avoueson horrible sort, et l’effrayante malédiction qui pèsesur lui. Mais elle s’écrie à haute voix: —Je t’ai été fidèlejusqu’à présent, et je sais un moyen sûr de te garderfidélité jusqu’à la mort.

A ces mots la femme fidèle se jette dans la mer : l’en-chantement du Hollandais volant est détruit; il est dé-livré , et nous voyons le navire fantôme se perdre dansl’abîme des flots.