reisebildeh.
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l’inventaire de mon actif. Je ne puis non pins, et par lamême raison, faire banqueroute, car je changerais ensources de produits mes créanciers eux-mêmes. Enoutre, comme je l’ai dit, je vis réellement avec beau-coup d’économie, une désespérante économie. Parexemple, au moment où j’écris ceci, je suis iogé dansune chambre sombre et triste de la rue des Ténèbres,mais je m’en accommode volontiers; d’ailleurs, je pour-rais , si je voulais, m’établir dans le plus beau jardintout aussi bien que mes amis et cousins : je n’aurais qu'àréaliser mes pratiques du matin. Ceux-ci, madame, secomposent de coiffeurs défrisés, d’entremetteurs dé-chus, de restaurateurs qui eux-mêmes n’ont plus rien àmanger, tous véritables canailles qui savent fort bientrouver ma maison, et pour un pourboire comptant meracontent la chronique scandaleuse de leur quartier.Vous vous étonnez, madame, que je n’aje pas jeté, unefois pour toutes, à la porte une telle engeance?... Mais àquoi pensez-vous, madame? Ces gens-là sont mes fleurs.Je les décrirai un jour dans un beau livre qui me rap-portera de quoi acheter un beau jardin; et dans leursvisages rouges, jaunes, bleus et panachés, je crois déjàvoir les fleurs de ce jardin. Que m’importe que le nezd’autrui prétende que ces fleurs ne sentent que l’eau-de-vie, le tabac, le fromage et le vice ! Mon nez, à moi,qui est la cheminée de ma tête, où l’imagination monteet descend en guise de ramoneur, soutient le contraire,et ne trouve à ces gens que l’odeur de rose, de jasmin,