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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
se retourneraient dans leur tombeau, s’ils entendaientcomme on parle de leurs descendants. Jadis le mot âneétait un titre d’honneur, et avait autant de valeur qu’àprésent conseiller aulique, baron , docteur en philoso-phie, etc. Jacob compare à un âne son fils Isaschar,Homère son héros Ajax, tandis qu’aujourd’hui on com-pare à cet animal M. Stuhr, qui veut se tuer pour undésespoir d’amour!... Madame, à propos de semblablesânes, je pourrais m’enfoncer bien avant dans la littéra-ture, citer tous les grands hommes qui ont été amou-reux; par exemple Abailardus, Picus Mirandulanus,Borbonius, Cartesius, Angélus Politianus, RaymundusLullus et Henricus Heineus... A propos de l’amour, jepourrais encore citer tous les grands hommes qui n’ontpas fumé de tabac, par exemple, Cicéron, Justinien,Goethe, Justizrath Hugo, moi... Nous nous trouvons parhasard tous les cinq quelque peu jurisconsultes. Mahilloune pouvait supporter la fumée d’une pipe étrangère, et,dans son lter Germanicum , il se plaint en parlant desauberges allemandes : Quàd molestus ipsi fuerit tabacigraveolentis foelor. En revanche, on attribue à d’autresgrands hommes une prédilection pour le tabac. RaphaëlThorus a écrit un hymne sur le tabac (vous ne savezpeut-être pas, madame, qu’Isaac Elseverius l’a impriméà Leide, anno 1628, format in-4°), et Ludovicus Kin-schot y a fait une préface en vers. Grævius a même faitun sonnet sur le tabac. Le grand Boxhornius aimait letabac. Bayle, dans son Dictionnaire critique et histo-