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1 (1861)
Entstehung
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XI

Du sublime au ridicule il ny a quun pas, madame !

Mais la vie est si fatalement sérieuse, quelle ne seraitpas supportable sans cette alliance du pathétique et ducemique. Nos poètes savent cela. Aristophane ne nousmontre les plus épouvantables images du délire humainque dans le riant miroir de la raillerie ; le grand dés-espoir du penseur qui comprend sa propre nullité,Goethe ne se hasarde à le montrer que dans les vers bur-lesques dun jeu de marionnettes, et Shakspeare placeles plus tristes complaintes sur les malheurs de lhuma-nité dans la bouche dun fou, pendant quil fait sonnerjoyeusement ses grelots.

Ils ont tous pris modèle sur le grand poète primitif,qui, dans sa tragédie universelle aux mille actes, apoussé à lextrême cet humor, comme nous le voyonstous les jours. Après le départ des héros viennent lesClowns et tes Graciosos, avec leurs bonnets de fous etleur marotte ; après les scènes sanglantes de la répu-blique et les hauts faits de lempereur, reparaissent lesgros Bourbons, avec leurs vieilles facéties légitimes etleurs mauvais bons mots, et gracieusement gambade lavieille noblesse avec son sourire affamé, et, derrière, les