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1 (1861)
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164 ŒUVRES DE HENRI HEINE.

toujours rêveuse ; ses yeux étaient clairs comme la vé-rité elle-même, ses lèvres pieusement arrondies, et,dans les traits de son visage, on lisait une grande his-toire , mais cétait une sainte histoire ! Quelque légended"mour? Je lignore , et je neus pas le courage ds lalui demander. Quand je la contemplais longtemps, jedevenais serein et tranquille : cétait comme un paisibledimanche dans mon cœur.

En de tels moments, je lui contais des historiettes demon enfance, et elle mécoutait toujours sérieusement;et, chose étrange ! lorsque je ne pouvais me rappeler lesnoms, elle men faisait souvenir. Et lorsque je lui de-mandais avec étonnement d' elle savait ces noms, elleme répondait en souriant quelle les avait appris desoiseaux qui venaient becqueter aux vitres de sa croisée,et elle voulait me faire croire que cétaient les mêmesoiseaux que, dans mon enfance, javais achetés de mesépargnes aux impitoyables petits paysans qui les déni-chaient, et que javais rendus à la liberté. Mais je croisquelle savait tout parce quelle était si pâle; et vérita-blement elle mourut bientôt. Elle savait aussi quand ellemourrait, et elle voulait que je la quittasse auparavant.En nous séparant, elle me donna ses deux mains...Cétaient de blanches, de douces mains, et pures commeune hostie... Et elle me dit : Tu es bon, mais quandtu deviendras méchant, songe à la petite Véronique quiest morte.

Les oiseaux babillards lui avaient-ils aussi trahi ce

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