ŒUVRES DE HENRI HEINE.
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La raison pour laquelle le capitaine Maitland publieaujourd’hui son livre ne paraît pas autre que ce besoind'ablution morale qu’éprouve tout homme d’honneurque son mauvais sort a impliqué dans une affaire équi-voque. Le livre, en lui-même, est un document pré-cieux pour l’histoire de la captivité de Napoléon, quiforme le dernier acte de sa vie, acte qui explique admi-rablement les énigmes des précédents, et, comme ledoit faire une véritable tragédie, apitoie, purifie et ré-concilie l’âme. La différence de caractère des quatreécrivains qui nous redisent cette captivité, surtout telleque cette différence se manifeste dans le style et dansl’appréciation des faits, se révèle par la comparaison.
Maitland, l’impassible marin anglais, consigne lesévénements sans prévention et avec ponctualité, commesi ce fussent des faits météorologiques qu’il inscrivitsur le livre de Loch de son vaisseau. Las Cases, cham-bellan enthousiaste, se met, à chaque ligne qu’il écrit,aux pieds de l’empereur, non comme un mougik russe,mais comme un Français libre, auquel l’admiration d’unegrandeur héroïque et la dignité d’une gloire inouïe fontinvolontairement plier le genou. O’Méara le médecin,Irlandais de naissance, tout anglais au fond, et commetel, ancien ennemi de Napoléon, mais reconnaissant enfinles droits impériaux du malheur, écrit franchement, sansart, avec la seule force du fait, presque en style lapi-daire. Tout au contraire, elle n’est pas un style, maisbien un stylet, la manière acérée et poignante du docteur