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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
un bienfait, de voir bon nombre de ces tout petits des-polos forcés de descendre de leurs tout petits trônes. Lenombre des princes souverains qui nous reste est encoreassez grand, et je ne comprends pas comment mes pau-vres Allemands peuvent nourrir tout ce tas de principi-cules. J’espère que l’Amérique nous débarrassera unjour, du moins en partie, de ce fardeau. Car tôt ou tardles présidents des États libres de là-bas se transformerontsans doute en autant de souverains, et alors ces messieursmanqueront d’épouses revêtues d’avance d’un certainvernis légitime, et ils seront contents de nous voir leurcéder nos princesses. Loin de nous y opposer, nous leurdonnerons sur chaque demi-douzaine la septième gratis,et nos chers petits princes pourront trouver plus tardégalement de l’emploi chez les filles de ces nouveauxmonarques de l’Amérique. Pour cette raison, les princesmédiatisés de l’Allemagne ont agi très-prudemment, ense réservant du moins le droit d’égalité de rang par rap-port à la naissance; et dans l’ordre social des famillessouveraines de l’Europe, sinon dans l’ordre politique depuissance réelle, ils sont les égaux des princes régnants.Oui, ils se sont réservé ce privilège, parce qu’ils savaientque l’Allemagne a été de tout temps le grand haras prin-cier, destiné à pourvoir toutes les maisons souverainesqui l’avoisinent du nombre requis de cavales et d’étalonsde haute lignée.
Partout où l'on prend les eaux, c’est un droit coutu-mier pour les hôtes restants de critiquer un peu verte*