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IKUVBES PE 11ENIU HEINE.
tombé sur la terre. Je crois me rappeler aussi dans desemblables moments que mes yeux étaient jadis si per-çants et si clairvoyants, que j’ai vu cheminer les étoilesen grandeur naturelle le long de la voûte des cieux etque parfois j’ai été ébloui partout cet éclat tournoyant.Comme du fond des siècles, surgissent alors dans monesprit toutes sortes de pensées, des pensées de sagesseprimitive et fatidique, mais elles sont si nébuleusesque je ne puis reconnaître ce qu’elles veulent me dire.Je sais seulement que toute notre science humaine, nosaspirations et nos efforts, doivent paraître, aux yeux dequelque esprit supérieur, aussi petits et aussi nuis quem’a semblé cette araignée que je contemplais souventdans la bibliothèque de Gættingue. Sur un in-folio deL’histoire universelle, elle se tenait blottie en filant assi-dûment sa toile, et elle regaidait son entourage avecune assurance philosophique, avec toute la morgue éru-dite des professeurs de l’université, et elle aussi étaitfière de ses connaissances mathématiques, de ses tra-vaux savants et de ses élucubrations solitaires— Et pour-tant elle ne savait rien de toutes les merveilles renfer-mées dans le livre sur lequel elle était née, sur lequelelle avait passé toute sa vie, et sur lequel, elle mourraaussi, si le vieux Stiefel, le bibliothécaire, ne vient pasun jour à pas de loups l’assaillir subitement et la chasserde son dumaine.
Cn grand connaisseur de l’archéologie germaniquequi se trouvait dernièrement aux bains de Norderney,