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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

comme une maison, entourée d’une grande toile blan-che. Ces cages renfermaient toutes sortes d oiseauxchanteurs, qui sifflaient et gazouillaient pendant que lesporteuses s’en allaient sautillant et babillant. Je trouvaifort comique de voir que les oiseaux se portassent ainsiau marché les uns les autres.

Il était nuit noire quand j’arrivai à Osterode. L’appétitme manqua, et je me mis tout de suite au lit. J’étaisfatigué comme un chien, et je dormis comme un dieu.En songe, je revins à Gœttingue, et m’y retrouvai dansla bibliothèque, assis dans un coin de la salle de juris-prudence; j’y feuilletais de vieilles dissertations, jem’enfonçais dans la lecture, et quand je cessai, je re-marquai, à mon grand étonnement, qu’il était nuit, etque des lustres en cristal éclairaient la salle. L’horlogede l’église voisine frappa douze coups ; la porte de lasalle s’ouvrit lentement, et donna passage à une femmeorgueilleuse et gigantesque, qu’accompagnaient respec-tueusement les membres de la faculté de jurisprudence.La géante, quoique passablement âgée, avait pourtantles traits d’une beauté sévère; chacun de ses regardstrahissait la superbe fille des Titans, la puissante Thé-mis. Elle tenait négligemment d’une main la balance,et dans l’autre un rouleau de parchemin. Deux jeunesdoctores juris portaient la queue de sa robe, fanée etgrise. A sa droite, bondissait comme un lévrier le secconseiller aulique Rusticus ISaner, le Lycurgue du Ha-novre, lequel déclama quelque chose de son nouveau