DE l’aLEEMACNE. 1 f.\ \
l’enseignerais aujourd’hui, comme le Christl’enseignerait lui-même ? »
Oui, la lettre, disait Lessing, est le dernierA oile du christianisme; que ce voile tombe, etl’esprit paraîtra. Mais cet esprit n’est autrechose que ce que la philosophie de Wolf avaitentrepris de démontrer, ce que les philan-thropes sentirent dans leur conscience, ce queMendelsohn avait trouvé dans le mosaïsmc,ce que les francs-maçons ont chanté , ce queles poètes ont fredonné, enfin ce qui se pro-duisait alors sous toutes les formes en Alle-magne : le déisme pair.
Lessing mourut à Brunswick en 1781, mé-connu , haï et décrié. Dans la même année,parut à Kcenigsberg la Critique de la Raisonpure, d’Emmanuel Kant. Avec ce livre qui,par un singulier retard , ne fut généralementconnu qu’après la huitième année de sa publi-cation , commence en Allemagne une révo-lution intellectuelle qui présente la plus cu-rieuse analogie avec la révolution politique enFrance, et doit paraître non moins importanteh l’homme réfléchi ; elle se développe avec desphases égales, et il existe entre ces deux ré-volutions le parallélisme le plus remarquable.