IlE ^ALLEMAGNE.
K>9
à en parler ici. Je dirai ailleurs son impor-tance quant h l’art allemand : il y a introduitune réforme salutaire , non seulement par sacritique, mais encore par son exemple, etcette face de son activité est celle qu’on met enlumière et qu’on prise le plus ordinairement.Nous le considérons , nous, sous un autre pointde vue, et ses luttes philosophiques et théolo-giques nous intéressent plus que sa dramatur-gie et que ses drames. Ceux-ci ont pourtant,comme tous ses écrits , un sens social, et Na-than le sage n’est pas seulement, au fond,une bonne comédie , c’est aussi un traité phi-losophico - théologique en faveur du déismepur. L’art fut pour Lessing une autre sorte detribune et quand on lui fermait le prêche etla chaire , il s’élançait sur la scène, y parlaitplus clairement encore et conquérait un pu-blic bien plus nombreux.
Je dis que Lessing a continué Luther. Ce-lui-ci nous ayant délivrés de la tradition etconstitué la Bible source unique du christia-nisme , il s’établit un culte sec de la lettre, etcette lettre de la Bible régna aussi tyrannique-ment qu’autrefois la tradition. C’est à nousdélivrer de celte lettre tyrannique que Lessing